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Le complément alimentaire se féminise


Avec l’essor des réseaux sociaux et ces stars aux corps sculptés façon Beyoncé, les femmes cherchent souvent à faire du sport pour se dessiner un corps galbé, musclé. Le marché de la nutrition sportive a donc amorcé un virage féminin.

« Avant, c’était un phénomène sociétal : les hommes faisaient de la musculation et les femmes du fitness ou du running pour être fines. Maintenant, l’idéal féminin tend à être plus musclé et à avoir une silhouette redessinée », explique Frédéric Ollivier, franchisé FitnessBoutique. Ainsi le marché des compléments alimentaires dans les magasins de nutrition a-t-il opéré un virage marketing depuis environ trois ans avec un packaging à l’image de la femme, des couleurs moins agressives, des parfums différents et des goûts plus légers, plus subtils, mais pas que. Le contenu des produits s’adapte aux souhaits des sportives : « L’homme veut augmenter son volume alors que la femme veut plutôt être galbée, poursuit Frédéric Ollivier. Les compléments alimentaires qui leur sont destinés contiennent donc pour la plupart davantage de protéines qui permettent d’assimiler lentement les aliments de façon à atteindre la satiété plus rapidement. Et donc de manger moins. »

  • Question de pédagogie


Si les compléments alimentaires étaient plutôt privilégiés par les hommes, les femmes commencent elles aussi à les consommer, même s’il est vrai que les plus grosses consommatrices restent les « performeuses ». « Il y a une vraie pédagogie à faire de la part des industriels pour expliquer aux femmes à quoi servent ces produits, explique Virgile Caillet, directeur général de la Fifas (Fédération française des industries du sport et des loisirs). Une étude parmi les runneuses sur le sujet nous indiquait qu’elles étaient un tiers à en prendre, et qu’il s’agissait essentiellement de barres énergétiques. Dans le fitness, cela s’est davantage démocratisé, mais on parle là de niches. »

  • Des chips ? Oui, mais protéinées !


C’est pourquoi, sur ce marché, la sportive est devenue une cible particulièrement choyée, elle est même à l’origine de nouvelles gammes répondant à une demande alimentaire toujours plus saine, plus qualitative des femmes d’aujourd’hui. À l’inverse des hommes, elles semblent davantage attirées par des produits naturels que par des compléments alimentaires visant la performance. Pour cela, de nouveaux produits vegan font régulièrement leur apparition, du snacking – chips protéinées, glaces hyperprotéinées – aux préparations – pour pancakes, pâtes à tartiner protéinées – en passant par les superaliments tels que les baies de goji, les graines de chia, le chanvre ou la spiruline truffés de bons nutriments (voir encadré). Reste à « éduquer » ces sportives par une offre innovante sur un marché qui se développe au rythme des goûts alimentaires. « Ce marché a un vrai potentiel, conclut Virgile Caillet. Mais les sportives françaises restent un public à convaincre. »