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Résistantes, au boulot !


A lire dans Le Parisien l’histoire bousculée et dangereusement romanesque d’Odette Roux, on se prend à regretter les heures de la guerre ! Provocation absolue que cette phrase derrière laquelle se cache une frustration certaine, celle de ne pas retrouver le souffle martial des femmes en notre XXIe siècle où l’égalité des sexes est toujours difficile à entériner.

Odette Roux fut une combattante de toutes les causes : féministe (« On ne nous l’a pas accordé le droit de vote, on l’a gagné ! »), résistante (aurait-elle inspirée Régine Deforges pour sa « Bicyclette bleue » ?), maire de sa ville des Sables-d’Olonne (où elle reprend son métier d’institutrice en répétant aux élèves :
« Garçons ou filles, vous avez les mêmes droits, les mêmes capacités ! »).

  • Où sont passées les résistantes ?


« Brillante et libre, elle a connu un parcours hors du commun », écrit Le Parisien.
Qui, aujourd’hui, est « brillante et libre » ?
Qui, aujourd’hui, soutient l’égalité des sexes sans en faire du business ou de la politique ? Qui, dans le quotidien d’une vie, souligne régulièrement qu’"homme ou femme même combat", sans devoir en appeler aux quotas, aux réseaux féminins, aux services RH des entreprises ?

Il est singulier de constater que nous sommes encore trop peu nombreuses à défendre sur le terrain des valeurs pour lesquelles nous sommes en accord. Il n’est pas nécessaire d’intégrer un board ou un comité exécutif, d’adhérer à un de ces réseaux féminins qui ont parfois la langue bien pendue mais peu d’actions à revendiquer, ou même de siéger à l’Assemblée nationale, pour faire passer son message d’égalité.

Dans le bus, dans les écoles, dans les commerces, à la machine à café, au self, dans les réunions familiales ou dans les dîners entre amis, on se doit de ne pas laisser passer une expression ou un geste sexiste, de rappeler lorsque c’est nécessaire qu’hommes et femmes ont des droits identiques. Et ce n’est pas seulement la loi qui le dit. C'est si simple que cela.

Le but étant de faire cesser enfin les ricanements qui accompagnent une croisade légitime, celle de parvenir à un équilibre mondial, économique, personnel qui n’est que justice.
Pourquoi, aujourd’hui encore, ce sujet-là est-il inévitablement un sujet qui fâche ?