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Du bon usage de la

machine à café


L’un de mes boss, au moment de me recruter, eut cette phrase parfaitement politiquement incorrect: « Vous avez le profil mais j’aurais préféré embaucher un homme ».
Devant ma perplexité, il ajouta non moins sérieusement : « Les femmes, y en a déjà beaucoup dans l’équipe, et ça va toujours papoter à la machine à café… »

Outre le fait que les représentants de la gent masculine dégustent eux aussi leur(s) petit(s) noir(s) dans la journée, j’avais été consternée par le manque de perspicacité du monsieur : le temps dévolu au « papotage » autour de cette fameuse machine à café est bel et bien du temps gagné pour l’entreprise. Du temps gagné en terme de productivité, ces moments de répit permettant de véhiculer les valeurs de l’entreprise en participant activement à la « culture organisationnelle », en favorisant l’implication du personnel au sein de la société par le jeu du dialogue.

  • Des bulles et des mots


Car ces pauses où l’on souffle et pas seulement sur son breuvage trop chaud est une bulle salvatrice dans la journée d’un salarié qui a le nez sur le guidon. Elle permet un flux d’informations verbal non négligeable à l’heure de l’ultra-communication virtuelle ; et des interactions entre des équipes qui ne se croiseraient que rarement s’il n’y avait ce lieu d’échanges.

Les bienfaits d’une conversation informelle entre collègues sont évidents : la communication lorsqu’elle se fait dans un espace de partage, de cohésion et de complicité peut être un puissant déstressant, donc une source d’énergie et de créativité. Pour peu que l’on ne parle pas uniquement de boulot, le tour est joué !

  • Dire et médire


Le problème est sans doute que les managers ont souvent l’impression que ces moments qu’ils estiment « volés » à l’entreprise ne sont que commérages et médisances à leur endroit.
Ce peut être le cas. Et ainsi je ne peux que leur conseiller d'y prendre part. Un p’tit caoua avec ses troupes, ça crée des liens. Et c’est toujours moins triste que de boire son jus tout seul dans son bureau.