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Où sont les hommes ? 


Lors du récent forum de Davos où sur les 2 500 leaders, moins de 20% étaient des femmes, Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Facebook, devenue l’ambassadrice américaine des femmes actives dans le monde, a eu ces mots : « Les hommes continuent à diriger le monde, et ça ne se passe pas si bien que ça. »

Cela a le mérite d’être publiquement dit. Et après ?


Car si les femmes demeurent trop souvent introuvables au sein des hautes instances dirigeantes, les hommes se font également trop rares lorsqu’il s’agit d’en parler.

Le dernier Salon de la Mixité qui a eu lieu à Paris le 7 mars a démontré que nous étions bien seules à nous préoccuper de notre sort. Les débats et conférences menés autour de la nécessaire mixité dans le monde du travail avaient comme audience principale les femmes, les hommes se comptant sur le doigt d’une main. Il s’agissait pourtant là de trouver des solutions pour créer un juste équilibre féminin/masculin dans les milieux professionnels et la parole était souvent aux femmes puisqu’elles sont en première ligne, qu’elles n’ont de cesse de vouloir s’exprimer à ce propos, de tenter de faire comprendre qu’il faut désormais compter avec elle. Mais où étaient les hommes ?

Les femmes sont-elles entendues alors même que les hommes poursuivent leurs carrières comme si de rien n’était?


Plaider pour la légitime place des femmes actives dans notre monde encore trop masculin est un acte louable et il n’y a jamais assez d’événements pour rappeler à ces messieurs que nous sommes là et bien là. Pourtant, n’est-ce pas tenter de fendre l’eau avec une épée que de s’exprimer alors qu’ils sont hors des mûrs de nos lamentations ?

Lamentations ? J’en vois beaucoup lever les yeux au ciel car il ne s’agit pas de lamentations mais de revendications, n’est-ce pas ? Nous sommes d’accords. Mais je serais curieuse d’avoir l’avis des hommes là-dessus. Que pensent-ils de la constitution de nos réseaux féminins, de nos réunions entre femmes actives pour parler de femmes actives, de nos salons où l’on cause pro conjugué au féminin ?

Ont-ils le sentiment que nous fomentons un complot contre eux ? Ou pensent-ils cyniquement que oui, c’est bien, et cela a le mérite de nous occuper ?


Qui peut alors nous aider ?


La présence des quelques intervenants masculins au Salon de la Mixité étaient donc des plus précieuses. Mais combien d’hommes étaient là pour relayer leurs propos ? Peu. Et c’est bien là le problème. Nous les femmes qui tentons depuis des années maintenant de nous imposer là où les hommes se croient en terrain conquis, connaissons nos travers, nos peurs, nos angoisses, nous nous savons encore fragiles à réclamer notre dû.

Qui peut alors nous aider ? Répondre « nous-mêmes » serait ignorer une société encore basée sur des principes machistes, ou en tout cas, sur des préceptes masculins qui ont la vie dure. Au-delà de nos nécessaires remises en question, de ce travail sur notre confiance en nous que nous intégrons peu à peu, il faut, nous devons, faire appel à l’intelligence des hommes. Détricoter ces clichés entretenus autour de la femme, mère et ménagère, patiemment les prendre par la main pour les mener à la réflexion. Ensemble. C’est le maître mot de la mixité.