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Quand les femmes montrent les poings...


Depuis plusieurs années, et plus encore aujourd’hui, les filles sont éduquées par des mères conscientes que la place pleine et entière des femmes n’est pas encore acquise au sein d’un monde qui se conjugue toujours au masculin. Et ce malgré l’évolution certaine des mentalités. Et si les hommes se plaignent parfois de manquer de repères, de ne plus savoir à quel « sein » se vouer après des millénaires de suprématie, il n’est pas toujours aisé de se réaliser lorsque votre éducation vous apprend l’art de porter à la fois la jupe et la culotte.

Cette phrase « Ne rien lâcher » devenue une expression utilisée pour tout et n’importe quoi s’applique plus que jamais aux femmes. Elle est même un mot d’ordre qui motive nos actions dans toutes les sphères de notre existence : la carrière, la vie personnelle et dorénavant le sport.

Car les femmes montrent les poings au propre comme au figuré. En témoignent toutes celles poussant la porte des salles de boxe et de CrossFit, là où la force, les assauts maitrisés, le dépassement de soi sont rois.

Se défouler sur les sacs de frappe, réussir des tractions, porter des poids de plus en plus lourds sur des barres olympiques, multiplier les squats et se dessiner des tablettes, est un besoin ressenti par des femmes qui se doivent de tout mener de front. Et de réussir.

Se surpasser, mentalement et physiquement, dans des activités sportives habituellement chargées de testostérones fait écho aux vies multiples et surchargées de femmes guettées par le burn out domestique et professionnel. Il devient alors essentiel de se défouler, de se vider, de donner et de prendre des coups pour mieux ensuite appréhender le quotidien.

  • S’abîmer pour se réaliser


Et tant pis si l’on s’abime comme le relève la vice-championne olympique de boxe Sarah Ourahmoune :
« A mes débuts, en 1996, j’étais la seule fille du club. Lors de mon premier combat, en 1999, on me regardait comme une bête rare. Les hommes étaient stupéfiés, les femmes aussi. Elles ne comprenaient pas que je puisse prendre des coups, risquer de m’abîmer. Elles me disaient: “Tu vas te masculiniser !” »

Entre 2012 et 2016, la boxe a enregistré +60 % de licenciées et le CrossFit se démocratise auprès de celles qui ne veulent plus qu’on les prenne pour des fammelettes.

Le mot masculiniser perd de son sens et il apparaît qu’aucun sport ne soit plus la chasse gardée de ces messieurs.

L’Euro de Foot féminin en juillet prochain devrait être plus médiatisé que de coutume quand la compétition internationale des CrossFit Games en août aux Etats-Unis permettra aux femmes, y compris les "masters" de plus de 50 ans, de prouver qu’elles existent, même sur des terrains trustés par leurs désormais homologues masculins.

Il n’y a donc plus d’âge ni de sexe pour contenir les assauts des femmes. Plus que jamais combattantes. Mais au sens noble du terme. Ne lâchons rien.