enregistrerfermerprécédentsuivant
zoom

Viens dans mes bras, 2015 !


Il y a des mots que je ne veux plus prononcer et je ne vous dirai pas lesquels puisque…je ne veux plus les prononcer. Disons qu’ils nous sont répétés à loisir depuis des mois par les politiques, les patrons, les médias… Tel un mantra mais celui du diable : nocif, parasite, démobilisant, désespérant.

C’est le vocabulaire de la peur, des mots qui nous démolissent, qui tuent à petit feu ce qui nous reste de certitudes. Du reste, ils sont tellement nombreux ces mots que j’en oublierais la moitié si je tentais même de les énumérer. Mais si ! Vous voyez très bien à quoi je fais allusion et, sans doute, en avez-vous plein la tête, les oreilles, de ces termes multi répétés qui ferment la porte à tout avenir dans notre pays, notre société, notre moi.

Alors, je vais énoncer d’autres mots, des mots câlins, des mots doux comme du cachemire, légers comme du coton. Des mots si naïfs, si désuets, qu’on ne peut plus les formuler sans faire sourire, sans distinguer chez l’autre un haussement d’épaules, un soupir d’exaspération : bonheur, euphorie, victoire, sérénité, quiétude, confiance, foi, espérance… je me délecte !

Mais, minute papillon ! Où as-tu vu que 2015 sera fidèle à tes illusions ? Dans ma boule de cristal, pardi ! Tu es bien fragile, 2015, bien hésitant… Viens donc dans mes bras que je te réchauffe de mes espoirs fous et que je t’éloigne de cette crise. Oups ! Je l’ai dit ! J’ai dit LE mot, celui qui est en tête du dico de la peur.

Pardon, 2015, je ne voulais pas t‘effrayer. Reviens apaiser tes angoisses, tourne le dos à 2014, et, sois-en certain, tu ressentiras moins le poids des ans.