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Aung San Suu Kyi, moi ?


Par curiosité mais aussi parce que le titre était suffisamment enjôleur pour me donner envie de répondre à 7 questions sur moi-même (« How can you change the world ? Discover the women Inside you »), j’ai réalisé le test proposé par le Women’s Forum for the economy and society sur sa page facebook.

Questions simples, réponses simples. Et le résultat n’a de cesse de m’émouvoir. Me voilà donc, à l’issue de ce test, propulsée « Woman of peace » à l’image d’Aung San Suu Kyi. Je n’aurai pas l’audace de m’en offusquer. Surtout à la lecture de mon profile psy. Ainsi, ma force pour changer le monde serait ma détermination insatiable. Mes efforts vont payer, me dit-on. Certes, je n’en ai jamais douté. Sinon, pourquoi se battre ?

  • Redevenir soi ou être un autre ?


Des efforts, voilà d’ailleurs ce qu’exige de nous Jacques Attali dans son dernier livre Devenir soi, nous enjoignant de prendre le pouvoir sur notre vie : «Dans un monde aujourd’hui insupportable et qui, bientôt, le sera bien plus encore, il est temps pour chacun de se prendre en main, sans attendre indéfiniment des solutions miraculeuses. Il ne s’agit pas de résistance, ni de résilience. Mais de devenir soi.» Et de nous conseiller de prendre exemple sur Gandhi, Steve Jobs, Bouddha, Picasso… (que des hommes, notez bien…).

Alors, quoi ? Faut-il redevenir soi ou tenter de ressembler à une de ces personnalités emblématiques pour mieux vivre et changer le monde ?

J’ai toujours été étonnée que l’on nous demande, dans les médias comme dans les livres, de pousser l’admiration jusqu’à devenir cet autre qui a réussi à être meilleur que nous. N’est-ce pas culpabilisant ?

  • Oser être, tout simplement


Je ne suis pas Aung San Suu Kyi, je suis Valérie Domain. Ca ne sonne pas aussi bien, je vous l’accorde, mais si la prétention se niche dans le fait de tenter de me réaliser sans pour autant devenir une icône, j’assume.

Ne pas se résigner, se libérer et agir comme si rien n’était impossible, ce n’est pas forcément chercher à avoir une vie hors du commun, mais oser être. Nous qui respirons de concert, n’avons pas les mêmes désirs, les mêmes valeurs ni les mêmes exigences de la vie. Le pouvoir n’est pas non plus une fin en soi.
Il s’agit bien plus de maîtrise que de pouvoir. Maitriser son temps, se sentir vivant et profiter de l’aubaine pour changer le monde, c’est un diable de défi !

Mais, peut-être, pourrions-nous commencer par changer « notre » monde, celui dans lequel nous évoluons chaque jour, en dialoguant avec nos enfants, en faisant confiance à la sagesse de nos aînés, en renouant avec le sel de la vie, comme nous le recommande Françoise Héritier. Car c’est dans le simple fait d’exister, entre grâce et légèreté, que nous puiserons la force de changer. Et si ce n’est pas le monde, cela peut commencer par nous-mêmes.