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Le « breadcrumbing », une stratégie exclusivement masculine ?


Un mot par ci, un mot par là. Et puis s’en va. Dans les dîners entre copines, le mot « breadcrumbing » revient inlassablement comme un mantra lorsque les hommes viennent occuper les conversations. Pas une femme, semble-t-il, n’y a échappé. Cette « nouvelle » technique de drague qui n’a de « nouvelle » que le nom enflamme la Toile depuis plusieurs semaines, toujours dénoncée par les femmes à destination des femmes, comme pour prévenir de la perversité de l’homme en matière de relations amoureuses.

Le « breadcrumbing » donc, du mot anglais qui veut plus ou moins dire chapelure, stratégie qui consiste à parsemer des « miettes digitales » sur les téléphones et autres messageries instantanées de proies non consentantes mais logiquement contentes serait une recette perverse en vogue, employée par ces messieurs pour mieux maintenir une conquête sur le feu. Au cas où. De beaux parleurs mais avec parcimonie. Lorsque cela leur chante, ils envoient un petit mot flatteur, gentil ou même d’une banalité affligeante : « Ca va ? ». Juste pour se rappeler à notre bon souvenir.

  • Méthode toxique


Mais, derrière, ne se cache que le désir de pouvoir disposer d’une entrée illimitée si l’ennuie ou le désœuvrement se pointe un soir de solitude. Si, seulement si. Car l’oiseau s’envole aussi sec. Pour venir picorer de nouveau quelques semaines voire plusieurs mois plus tard. De quoi perdre la boule. Mais cette méthode toxique n’est pas l’apanage de ces messieurs. Les femmes ont déjà prouvé leur talent en la matière, on leur donne alors le charmant qualificatif d’ « allumeuse ». Une façon de séduire, pour se sentir désirée, encore et toujours, sans pour autant donner suite, juste pour le fun. Alors, quel que soit le nom qu’on lui donne, le breadcrumber n’a rien inventé. Il nous rend la monnaie de notre pièce.

  • Fuyez !


Pour autant, on notera souvent qu’il n’est même pas conscient de sa perversité, c’est si facile de balancer des petits mots à l’heure des réseaux sociaux et des téléphones portables toujours en alerte. Sans conséquence, quoi. Sauf que non. Et si les hommes paraissent se remettre fort bien d’une déconvenue avec une « allumeuse », les femmes, à en croire les blogs sur la question, se sentent captives et ont bien du mal à couper le lien alors même que leur petit Gemini Cricket leur dit « Fuyez ! ».

Le fait d’avoir mis des mots sur cette pratique peut-elle aider à détecter et à se débarrasser de l’importun ? Pas si sûr. Car cela relève du même processus que l’obsession d’une maîtresse pour un homme marié : c’est décidément trop tentant d’y croire. Et si, avec lui, ce n’était pas pareil ? Alors que si, c’est pareil. Universel. Quand on ne reçoit que des miettes alors qu’on rêve du repas complet, ça s’appelle comment ? Du phantasme. Donc, un breadcrumber ? Fuyez.