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Rebelles ou

"fashionistas sociales" ?


Etre féministe n’est pas une attitude. Ce n’est pas non plus une mode. Je ne me sens nullement victime, je ne suis pas ce porte étendard aux seins nus que les médias aiment relayer ni une « mal baisée » selon l’expression mal consacrée.

Avant tout, je suis une femme. Mais puisqu’il faut se dire féministe pour revendiquer des droits alors allons-y. Car ce n’est pas un gros mot ou c’est oublié un peu vite les révolutions menées par nos mères qui ont obtenu pour nous une nouvelle liberté dont il est inutile j’espère de rappeler ici le bien fondé.

Le groupe « Women against féminism » se trompe de cible en voulant décapiter les féministes. Inutile de reprendre point par point leurs raisons et leurs critiques qui ont été maintes fois entendues et sont évidemment discutables puisqu’elles sont partiales et volontairement provocatrices.

  • Hey, reluque ma pancarte !


Inutile, oui, car il faut d’abord savoir à quelles féministes s’adresse ce site qui nous met toutes dans le même panier. Car en vérité, chacune de nous est féministe à sa manière, dans le sens où je n’en connais pas une qui ne souhaite pas être respectée.

Je constate hélas que sur le site de ce mouvement aussi vindicatif que le sont les combats de certaines féministes extrémistes que je ne cautionne pas, nombre de jeunes filles y vont de leur pancarte comme on brandirait le dernier sac à main en vogue. Une pancarte revendicatrice, quelques mots griffonnés pour tenter de marquer les esprits, c’est le dernier « must have » et c’est donc devenu terriblement cheap.

Je l’ai déjà souvent exprimé : les femmes sont les plus grandes et dangereuses ennemies des femmes.

Nous voilà aujourd’hui confrontées à une nouvelle génération de « rebelles » que j’appellerais les « fashionistas sociales ». Ces femmes qui semblent ne vouloir lutter que pour se montrer : vite un écriteau contestataire que l’on parle de moi sur les tous les réseaux sociaux de la planète !

  • Pourquoi tant de haine ?


Je regrette profondément que le féminisme soit la proie d’une telle déconsidération puérile. Je regrette aussi que ce mouvement respectable soit associé à une animosité envers les hommes, ceux que l’on aime tant comme père, mari, fils, amant, frère, ami... C’est un malentendu préjudiciable.

L’homme n’est pas un ennemi mais un partenaire. Nous trouvons notre place pour peu qu’on nous la donne et ils sont beaucoup aujourd’hui de ces hommes à le comprendre, à savoir que nous n’avons pas encore celle que nous méritons malgré les grandes avancées en Europe ces dernières années. Ils sont nombreux ces hommes à la revendiquer pour nous. Et j’y vois là considération et intelligence.

Ce n’est donc plus un combat contre les hommes, et le fait même de penser qu’il ne s’agit encore que de cela ringardise ceux qui le prétendent. Non, c’est un combat contre le machisme ambiant et le sexisme. Ce sexisme, certes parfois involontaire, car ancré dans notre quotidien par des gestes, des expressions, des pensées, qui sont le fruit d’une éducation basée sur des préceptes masculins depuis des centaines d’années. Et qu’il est logique de combattre.

  • Ni Dieu ni diable


« Women against feminism » n’a rien compris des enjeux. Je leur en veux comme j’en veux à d’autres groupes qui fleurissent sur le net tels « Ladies against féminism » pour promouvoir une féminité que nous ne renions pas et une maternité d’un autre âge, comme si être féministe c’était être mauvaise mère.

Là, on parle du diable, là on parle de doctrine, ici on évoque un lavage de cerveau… Le féminisme n’est pas dangereux. Ce qui l’est, c’est d’encourager l’idée encore et toujours que la femme est inférieure à l’homme.

L’égalité est une exigence légitime. Et égalité ne veut pas dire semblable. C’est un équilibre que nous demandons.

J’aime bien ce mot "équilibre" car il régit tout, il apaise et il rend justice. Si les hommes et les femmes ne trouvent pas cet équilibre, tant au niveau social, politique et financier, notre quotidien ne nous paraîtra jamais satisfaisant car il nous manquera toujours quelque chose et ce quelque chose c’est le respect de ce que nous sommes.

Est-ce trop demander ?