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Le fric, c'est chic...

même pour les femmes !


Franchement, dans quel monde vivons-nous ?

La semaine dernière, j’ai animé à Paris les débats et la présentation d’une étude menée par le réseau féminin européen EPWN sur " Les femmes et l’argent : entre maîtrise et complexité ".

J’avoue avoir encore du mal à réaliser.

Quelques chiffres pour mise en bouche :  74% des femmes interrogées* estiment que le travail c’est d’abord et avant tout l’indépendance ; 52% de celles vivant en couple déclarent être « madame gagne-pain » ; seulement 37% pensent que les femmes et les hommes sont traités de façon égale dans leur entreprise et, et… 75% d’entre elles ne sont pas satisfaits de leur rémunération.

Bon, on connaît les chiffres, en commençant par la différence d’environ 20% entre le salaire d’un homme et celui d’une femme (en France, oui, le pays où pas loin de 7 lois sur l’égalité professionnelle ont été votées !), écart au détriment des femmes pour ceux qui n’auraient pas suivi ou seraient totalement incrédules, on les comprend.

  • Femme, réveille-toi !


Pour autant, il y a une particularité bien française si l’on en croit cette étude européenne, de se plaindre mollement, de ruminer la chose, mais d’éviter de pousser la porte de son/sa supérieur-e, pour aller réclamer son dû.
Jugez plutôt : elles sont 66% à ne jamais demander d’augmentation. Pourquoi ? Et c’est là qu’on préférerait aller se planquer sous la couette qu’on a lavée, repassée, enfilée lors de nos tâches ménagères non rémunérées (mais là c’est un autre sujet) car la raison est aussi surprenante qu’improbable : par peur de se faire licencier pour 34% des Françaises !

Bon, je ne dis pas qu’il faille attacher son patron au radiateur et le gifler jusqu’à ce qu’il/elle signe notre augmentation, mais juste d’aller défendre ses compétences, sa légitimité et son travail bien fait. Parce qu’à priori, personne ne le fera pour nous. Attendre une récompense sans la réclamer, avouez qu’ici c’est d’une pudeur déplacée ?

Et de parler du "complexe de la bonne élève", auquel j’ajouterais un "complexe de l’usurpatrice".
Combien de fois faudra-t-il donc répéter que nous sommes légitimes ?

Vous le me copierez 100 fois !


*Enquête menée en juin 2013 sur la base d'un questionnaire internet envoyé à 3 500 membres d'EPWN répartis dans 17 pays. 29% viennent du réseau Français. Le taux de réponse est de 24%, un record pour 64 questions nécessitant en moyenne 45 minutes de disponibilité. Le profil le plus fréquent des répondantes : une quadra vivant en couple avec des enfants, niveau d'instruction élevé.