enregistrerfermerprécédentsuivant
zoom

10 raisons (chiffrées)

d'être fières de nous.


Lors des journées de la femme, des tribunes que nous nous octroyons, des débats que nous lançons, nous tentons par tous les moyens de prouver (encore prouver) qu'une femme est un Homme comme les autres. Le jour où plus aucune explications, justifications, démonstrations ne seront nécessaires à notre reconnaissance, nos droits seront acquis. En attendant, voici en quelques lignes une belle leçon de positivisme, chiffres à l'appui. Parce que n'est pas gonzesse qui veut.

1. On guinche plus longtemps


La durée de vie moyenne continue à progresser dans la quasi totalité des pays européens. Et ouvrez bien vos esgourdes gentlemen : l’espérance de vie à la naissance dans l’Europe des 27 s’élève, en 2009, à 77,7 ans pour les hommes et à 80 ans pour qui ? Pour les femmes, et oui ! Ce n'est pas fini : les Français, et surtout les Françaises, se classent parmi les Européens qui peuvent s’attendre à vivre le plus longtemps.

2. On parlemente mieux


En rendant obligatoire la parité pour les scrutins de liste, la loi de 2000 a permis aux femmes de devenir presque aussi nombreuses que les hommes au Parlement européen, dans les conseils régionaux (au dernier scrutin, en mars 2010, 48 % des conseillers régionaux élus sont des femmes, soit presque deux fois plus qu’en 1998 (27,5 %)) et dans les conseils municipaux de communes de plus de 3 500 habitants où on comptait 48,5 % de femmes parmi les conseillers municipaux. Le hic ? Dans les communes de moins de 3 500 habitants, qui représentent près de 90 % des communes de France, seulement 32,2 % de conseillères municipales sont recensées…et l’Assemblée et le Sénat restent des lieux essentiellement masculins. Seul un parlementaire sur cinq est une parlementaire. Il y a encore du chemin à faire...

3. On s'éclate au CAC 40


Le taux de féminisation des conseils d’adminis-tration du CAC 40 a fait un bond en avant, passant de 10,5 % en 2009 à 15,3 % en 2010. La proportion des entreprises qui comptent plus de 20 % de femmes dans leurs conseils d’administration est passée de 13 % en 2009 à 30 % en 2010. La féminisation des postes de cadres est en augmentation dans tous les secteurs. Même si, en 2008, les femmes occupent un peu moins d’un tiers des postes d’encadrement dans les entreprises du secteur privé et semi-public alors qu’elles sont majoritaires au sein de l’Université. Y a de quoi chipoter.

4. On est brillantissimes


En 2008, 50,9 % des femmes sortant depuis moins de 6 ans de formation initiale sont diplômées du supérieur contre 30,9 % des hommes. Les femmes continuent d'être les championnes de la lecture et des pratiques artistiques en amateur : les deux tiers des femmes ont lu un livre au cours des 12 derniers mois, contre seulement la moitié des hommes. No comment.

5. On picole pas, on se dope,
c'est plus classe


Selon les résultats du baromètre santé 2010 publiés par l’Inpes, parmi les 18-75 ans, les femmes s’avèrent deux fois plus nombreuses que les hommes à recourir aux médicaments psychotropes. Ainsi, hommes et femmes expriment différemment leurs angoisses : consommation importante d’alcool chez les gars, recours aux médocs chez les filles. Psychotropes, pour rappel : neuroleptiques,  antidépresseurs,  régulateurs de l’humeur, tranquillisants,  hypnotiques. Va falloir lever le pied, mesdames !

6. On ose davantage porter plainte


En 2009, 15 952 hommes ont été condamnés pour crimes et délits sur conjoint ou concubin. Ces effectifs sous-estiment sans doute encore le phénomène; toutes les victimes ne portent pas plainte et tous les auteurs de crimes et délits ne peuvent être poursuivis, pour divers motifs (refus de poursuite de la part de la victime, suicide, fuite, etc.). Mais ces données confortent cependant celles de l’ONDRP : les victimes ont de moins en moins peur de s'adresser à la justice pour retrouver un peu de leur honneur perdu.

Eh oui, si les violences envers les femmes sont multiples (agressions sexuelles, violences psychologiques, injures sexistes, mutilations sexuelles, violences physiques, mariages forcés), la comparaison entre l’enquête CSF de 2006 et l’enquête ENVEFF de 2000 fait apparaître que la hausse des faits déclarés ne correspond pas à une augmentation de la fréquence des agressions, mais à une plus grande propension à les déclarer. Encore une fois, n'ayons pas peur de l'ouvrir !

7. Tâches ménagères :
on jette l'éponge


En 25 ans, le temps que les femmes consacrent aux tâches ménagères a diminué de 20%. Parmi ces différentes tâches, la baisse porte principalement sur le ménage et la cuisine, à croire qu'on regarde davantage les émissions culinaires à la télé qu'on ne fait la tambouille !
Que devient ce temps retrouvé ? On le passe en famille, contrairement à nos hommes dont la passion pour les jeux vidéo et le petit écran ne se dément pas. En résumé, nous faisons 1h de tâches non rémunérées en moins que dans les années disco. En même temps, ça nous prend encore en moyenne 4h/jour, et hormis le jardinage et le bricolage, les femmes assurent encore près de 80 % du noyau dur des tâches domestiques. Alors, faut pas pousser.

8. On bulle si ça nous chante


Les entreprises auraient un traitement différencié des demandes d’attribution du temps partiel selon qu’elles émanent d’un homme ou d’une femme. Selon l’enquête Familles et employeurs, d’après les salariés, il est plus difficile pour les hommes de pouvoir travailler à temps partiel. 27 % des femmes obtiendraient le temps partiel sur simple demande, ce ne serait le cas que pour 14 % des hommes. Le paradis si les femmes n'étaient pas les championnes à leur corps (de mère) défendant du temps partiel imposé, de l'intérim et des CDD.

9. Le muscle ne nous fait pas peur


Les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer des activités physiques et sportives : de 9 % en 1968, on constate une progression à 87 % en 2010. Dommage que ce soit toujours pris sur l'heure du déjeuner, et non des corvées quotidiennes...

10. On fait des enfants
ET on travaille


Premièrement, la fécondité reste élevée en France. Avec 2,01 enfants par femme en 2011, la France est avec l'Irlande, le pays de l'Union européenne où la fécondité est la plus forte. Deuxièmement, c’est aux âges où elles assument les charges familiales les plus lourdes que le taux d’activité des femmes a le plus augmenté : depuis 2002, plus de 80 % des femmes de 25 à 49 ans ont une activité professionnelle ou en recherchent une, alors que c’était le cas de 60 % d’entre elles en 1975. Moralité : on veut des enfants mais on veut aussi bosser. Bref, faire comme ça nous chante. Et, ça, c'est pas rien.